Campagne vivante, densification pavillonnaire, renaturation et amélioration et de l’existant : de quelles vi(ll)es rêvons-nous ?

Comment transformer les contraintes en opportunités, les espaces en destinations désirables ?
La DREAL a choisi une voie originale : celle du crayon pour esquisser les réponses. En 2023, elle sollicite Martin Étienne, dessinateur, afin de traduire en images les enjeux du recyclage foncier et de la gestion économe de l’espace. L’artiste conçoit alors une série de diptyques saisissants. À gauche, un quartier existant. À droite, sa métamorphose — un même lieu repensé, où la densité se marie à l’équilibre. Ces compositions, riches en détails et en nuances, démontrent, par l’exemple visuel, que la ville peut se densifier sans se défigurer, qu’elle peut grandir tout en respirant.

L’image éclaire, persuade, et éveille le désir. Les dessins deviennent de véritables outils, proposés aux élus, urbanistes, ou citoyens. La DREAL décide alors de commander à Martin Étienne quatre nouvelles œuvres, portées cette fois sur un seul support. L’ambition s’élargit : ne plus se contenter d’opposer un avant et un après, mais embrasser la diversité des possibles. Les neuf dessins forment ainsi une fresque des futurs souhaitables pour la région.

Ces nouvelles créations explorent, sans exhaustivité, la multiplicité des contextes territoriaux. Elles déclinent les grands défis de l’aménagement contemporain — sobriété foncière, intégration du vivant, mobilités apaisées, adaptation climatique, mixité des usages — et proposent des réponses singulières, ancrées dans un réel augmenté. Les espaces y sont à la fois fonctionnels et poétiques. Les logements, qu’ils soient collectifs ou individuels, s’inscrivent dans des écosystèmes pensés pour le bien-être. Les places publiques deviennent des lieux de vie, les rues des corridors de biodiversité, les toits des jardins suspendus.

Les détails foisonnent, esquissant des scènes du quotidien, l’architecture s’anime, elle raconte des histoires, elle suggère des modes de vie où la proximité ne rime pas avec promiscuité, où la collectivité préserve l’intime. La densité, ici, n’est plus subie. Elle se choisit, se façonne, et se vit.

Ces neuf tableaux traduisent une idée essentielle : la ville sobre n’est pas une ville austère. Elle peut être généreuse, inventive, et séduisante. Elle peut concilier l’impératif écologique et l’aspiration au beau, l’efficacité foncière et la qualité des espaces. En un regard, ils montrent que l’urbanisme vertueux n’est pas une contrainte, mais une chance — celle de réinventer nos façons d’habiter, de partager, de coexister.

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