Contenu
L’ozone
L’origine de l’ozone
L’ozone est un indicateur de la pollution photo-oxydante qui résulte principalement de réactions chimiques, sous l’effet de la lumière solaire, entre les oxydes d’azote (NOx, issus de la combustion d’énergies fossiles : chaudières, véhicules,...) et des produits variés appelés " composés organiques volatils non méthaniques " (COV, hydrocarbures, essences, solvants, ...). Le monoxyde de carbone (CO, résultant de la combustion incomplète d’hydrocarbures, de charbon et de bois) et " l’aérosol urbain " (mélange d’eau, de particules fines, de suies, de cendres volantes, de sulfates, nitrates, sels d’ammonium, métaux et composés carbonés) contribuent également à la formation de ce polluant.
Les phénomènes de formation de l’ozone sont complexes et s’analysent d’abord à une échelle très grande (les précurseurs sont parfois transportés par les masses d’air sur plusieurs centaines de kilomètres). En pratique :
- les concentrations d’ozone les plus importantes ne sont pas nécessairement mesurées sur le lieu principal d’émission des polluants précurseurs (centres des agglomérations, zones industrielles) mais parfois à 50, 100 ou 150 km de là (dans des zones rurales) sous le vent des émetteurs,
- des polluants précurseurs émis plusieurs heures voire plusieurs jours auparavant peuvent contribuer de manière significative à la formation d’ozone,
- des efforts importants de réduction des pollutions à un endroit donné peuvent ne pas suffire à supprimer totalement la possibilité de nouveaux pics d’ozone.
L’ozone est donc une pollution étendue qui nécessite des actions sur des périmètres de l’ordre du département.
Ses effets sur la santé
Les enfants, les personnes âgées, les asthmatiques et les insuffisants respiratoires sont particulièrement sensibles à la pollution par l’ozone. Les conséquences pour la santé varient selon le niveau d’exposition, le volume d’air inhalé et la durée de l’exposition. Plusieurs manifestations sont possibles : toux, inconfort thoracique, gêne douloureuse en cas d’inspiration profonde, mais aussi essoufflement, irritation nasale, oculaire et de la gorge.
L’Union Européenne a fixé des concentrations de référence, reprises par la législation française :
- seuil d’information - recommandation du public, à 180 microgrammes par mètre cube en moyenne horaire,
- des seuils d’alerte pour la mise en oeuvre progressive de mesures d’urgence :
- 240 microgrammes par mètre cube en moyenne horaire sur 3 heures consécutives,
- 300 microgrammes par mètre cube en moyenne horaire sur 3 heures consécutives,
- 360 microgrammes par mètre cube en moyenne horaire.
La surveillance de l’ozone en France
Trente-neuf associations de surveillance de la qualité de l’air, regroupant l’Etat, les collectivités locales, les industriels et les associations de protection de l’environnement ou personnalités qualifiées, informent en permanence des concentrations d’ozone mesurées. Elles surveillent en particulier toutes les agglomérations métropolitaines de plus de 100 000 habitants. Plus de 300 capteurs d’ozone sont aujourd’hui présents sur le territoire national.
L’action du gouvernement français
Plusieurs mesures ont été décidées, au plan tant national que communautaire, en vue d’améliorer la qualité de l’air, notamment au travers de la réduction des émissions des principaux polluants précurseurs de l’ozone.
Ces mesures sont de natures diverses : technique (carburants, technologie des moteurs, véhicules au gaz, véhicules électriques, réduction des émissions dans l’industrie, plans régionaux pour la qualité de l’air, ...), organisationnelle (plans de déplacements urbains, urbanisme, ...), fiscale.
L’action doit donner lieu :
- à des mesures de réduction pérennes,
- à des mesures d’urgence en cas de pics de pollution.
En particulier, la directive sur les plafonds nationaux d’émissions (qui a fait l’objet d’une position commune des ministres européens de l’environnement en juin dernier) est une étape importante et donne lieu à des actions nationales ciblées.
Un calcul réalisé sous la direction de la Commission européenne indique qu’en réduisant de manière permanente et sur l’Europe entière les émissions d’oxydes d’azote de 55% et les émissions de composés organiques volatils de 60%, le nombre de jours de dépassements du seuil de 120 microgrammes par mètre cube (objectif à long terme de la nouvelle directive ozone) serait divisé par six (Source : IIASA, seventh interim report, janvier 1999, Cost-effective control of acidification and ground level ozone).
La lutte contre la pollution par l’ozone passe donc, en particulier, par la réduction des émissions d’hydrocarbures, non seulement par les transports, mais aussi par l’industrie.







