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Prévention des risques

Ancienne exploitation de gypse de Roquevaire

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publié le 26 juillet 2011

RoquevaireA l’est de la commune de ROQUEVAIRE s’étend une zone appelée "les Plâtrières", entre le village et l’autoroute A52. Le sous sol de cette zone est constitué en partie de gypse qui est utilisé dans la fabrication du plâtre

Les extractions de gypse ont commencé dès 1800 pour se terminer définitivement en 1963. La méthode d’exploitation était celle des chambres et piliers abandonnés. Plusieurs exploitants se sont succédés : RANCUREL, PONTET, PLATRIERES DU VAUCLUSE.
Le gypse a été extrait par le creusement de chambres d’extraction de 3, 5 et 7 mètres de hauteur selon les niveaux. Les matériaux étaient extraits très proche de la surface et remontés par des puits de petit diamètre (2 mètres) jusqu’en 1905 et par des plans inclinés ensuite.
Pendant la période d’extraction, des éboulements se sont produits, de rares comblements ont été réalisés mais ils n’ont pas d’effets sur la stabilité générale des travaux.

A partir de 1957, une partie de l’exploitation a été réservée à la culture des champignons, il s’agit des galeries centrales les plus hautes et les plus proches de la surface. Cette activité a été arrêtée en novembre 1995 par la suite des risques d’affaissement apparus en surface et en sous sol.

Les terrains au dessus desquels ont eu lieu les travaux d’exploitation sont actuellement occupés par un habitat dispersé.

L’extraction de gypse s’est faite sur plusieurs niveaux, aujourd’hui les niveaux inférieurs sont en eau car les pompages mis en place pendant la période d’activité ont été arrêtés et le niveau de la nappe phréatique est remonté. Il reste aujourd’hui seulement un pompage qui maintient hors d’eau la zone des anciennes champignonnières.

Compte tenu du type d’exploitation, on peut identifier 2 types principaux de mécanismes de dégradation susceptibles de provoquer des mouvements de terrain : le fontis et l’effondrement en masse.

Le phénomène de fontis est lié à la rupture localisée du toit d’une galerie ou d’une chambre qui progresse jusqu’en surface. Il se traduit en surface par des affaissements localisés du sol.
L’effondrement en masse est lié à la rupture d’un ou plusieurs piliers qui provoque l’apparition en surface d’un effondrement de grande ampleur.

Ces phénomènes peuvent être accentués par des facteurs aggravant tels que la circulation de l’eau souterraine, l’existence d’une voie de circulation importante en surface, les vibrations causées par la présence de poids lourds.

L’effet du temps conduit généralement et dans un délai indéfini à des dégradations de surface au dessus des anciens travaux surtout lorsqu’ils sont peu profonds.

Pour cette exploitation de ROQUEVAIRE, le site des travaux a été abandonné sans surveillance depuis 1963 et l’existence même de l’extraction a été "oubliée" en moins d’une génération, ce qui a conduit à une urbanisation de la zone sans précaution. Ce n’est qu’à partir d’affaissements récents (1995) et de l’évacuation de certains immeubles pour raisons de sécurité que des mesures en matière de règlement d’urbanisme on été prises.

Des études confiées par le ministère de l’environnement à l’INERIS et au BRGM ont permis d’identifier les zones les plus fragilisées et d’analyser les venues d’eau souterraines et leur composition. Elles préconisent des mesures de surveillance et ont servi de base à l’élaboration d’un Plan de Prévention des Risques naturels (PPR) rédigé par la direction départementale de l’équipement.